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La Genève internationale face à la mobilité

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Quelle mobilité pour la Genève internationale ? L’usage des transports collectifs est-il aisé ?  Le point avec l’ambassadeur Salman Bal, directeur du Centre d’Accueil de la Genève Internationale (CAGI), porte d’entrée unique pour l’accompagnement et l’intégration des nouveaux arrivants, des ONG et des délégués de passage.

Quel regard portent les nouveaux arrivants sur la mobilité à Genève ?

Salman Bal : La plupart des nouveaux arrivants saluent le réseau des transports publics qu’ils jugent particulièrement efficaces et performants dans l’hypercentre et ses alentours. Ils sont très satisfaits du contenu et de l’ergonomie des applications des CFF et des Transports publics genevois (tpg). Cependant, ils relèvent que pour maîtriser leurs déplacements dans la cité de Calvin et sa campagne, cela nécessite un temps d’adaptation afin de comprendre comment le réseau fonctionne. Beaucoup de lignes convergent vers la gare Cornavin avant de rallier des destinations situées hors de la ville de Genève. Il faut un peu de temps pour connaître toute l’étendue du réseau, les différentes connexions et les services proposés par les transports collectifs.

Comme pour bon nombre de villes, le trafic automobile peut parfois entraver la circulation des véhicules tpg et générer des points de congestion.

Il faut noter en outre qu’un certain nombre d’internationaux ont élu domicile dans des communes genevoises où les cadences des navettes sont un peu moins fréquentes. Ainsi, ils ne peuvent pas toujours faire coïncider leur emploi du temps avec le réseau et les horaires des transports collectifs.

De même, certaines communes ne semblent pas bien connectées entre elles. On m’a cité l’exemple de Collex-Bossy et Vernier. Pour aller de l’une à l’autre, il faut transiter vers la gare de Cornavin ce qui pèse sur la durée du déplacement.

Il faut noter que plus de la moitié des fonctionnaires internationaux se déplacent en mobilité douce.

Quelles actions le CAGI met-il en place pour simplifier les déplacements des fonctionnaires internationaux ?

S.B : Nous avons réalisé un film – disponible sur notre site internet – qui informe sur les différents moyens de transports y compris la mobilité douce. Nous organisons des conférences pour les nouveaux arrivants de la Genève internationale qui consacre une place importante au transport. Et évidemment, nous postons des informations régulièrement sur nos réseaux sociaux. Puis, avec l’aide d’unireso, la communauté tarifaire qui regroupe les CFF, les tpg et les Mouettes Genevoises, nous soutenons activement une partie des délégués de passage pour qu’ils utilisent des transports publics lors de leurs déplacements à Genève.

La mobilité figure-t-elle parmi les sujets fréquemment évoqués par la communauté internationale ?

S.B : Oui, la mobilité se classe parmi les trois sujets les plus abordés. A cet égard, la plupart des nouveaux résidents viennent de villes où la mobilité est un véritable casse-tête quand elle ne fait l’objet d’aucune stratégie. Aussi, sont-ils séduits lorsqu’ils découvrent la remarquable organisation genevoise avec un petit bémol, les embouteillages qui paralysent parfois aux heures de pointe le trafic privé. Certains confient même que pour aller de Genève à Berne, en voiture, il faut compter un temps équivalent à celui qui est nécessaire pour rallier la rue de Lausanne aux Eaux-Vives.  

Parmi les fonctionnaires internationaux, certains ont évolué dans des villes qui ont considérablement développé les transports publics et la mobilité douce. Avez-vous des exemples ?

S.B : Les onusiens affirment que les déplacements dans les villes suisses telles que Bâle, Zurich et Berne sont particulièrement aisés. Ils citent aussi Tokyo et Amsterdam où d’important efforts ont été consentis ces dernières années pour simplifier l’accès aux transports collectifs et au vélo.

Les organisations internationales mettent-elles en place des mesures d’encouragement en faveur des transports publics ?

S.B : Oui, toutes les organisations internationales diffusent des informations portant sur la mobilité et encouragent activement leur personnel à utiliser les transports publics. Les quelques 50 écrans digitaux du Palais des Nations indiquant des informations sur les conférences onusiennes, par exemple, affichent les horaires des trains, bus et des trams de la Gare de Sécheron et de l’arrêt Place des Nations dès 17 heures.

De plus, un groupe de travail constitué de représentants des organisations internationales, du Canton et de la Mission suisse auprès de l’ONU et des autres organisations internationales se réunit régulièrement pour discuter des défis et des solutions visant à rendre la mobilité douce plus attractive et à augmenter le nombre d’utilisateurs des transports publics.

Contrairement au secteur privé, il n »y a pas de mesures d’encouragement financières de la part des organisations internationales qui investissent davantage dans des programmes en lien avec leur mission sur le terrain.

Quelles difficultés peuvent rencontrer les Internationaux?

S.B : Certains ne connaissent pas, ce qui se conçoit aisément, les réalités locales et basent leur choix du lieu de résidence sur des expériences faites dans d’autres pays. L’un d’eux confiait qu’avant de s’installer à Genève, il avait effectué, sur une carte, un cercle représentant 10 kilomètres de rayon autour de son futur bureau dans le quartier des Nations. Ensuite, il avait cherché un logement dans ce périmètre. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé sur la Rive gauche. Et bien que cela demeure proche géographiquement de son lieu de travail, le temps nécessaire pour passer d’une rive à l’autre peut être long en raison du trafic intense sur le pont du Mont-Blanc. Sans compter qu’il doit aussi se rendre à l’étranger très régulièrement. Dans ce contexte, un bus direct assurant le parcours de la place des Nations à l’Aéroport International de Genève serait un atout.

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