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Transports publics et COVID-19, la parade des voyageurs

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Après les quelques mois de semi confinement, les transports publics qui n’ont, à de très rares exceptions liées à la fermeture des frontières, jamais interrompu leurs courses, observent peu à peu un retour à la normale. Mais l’émergence de la Covid-19 semble avoir durablement impacté les comportements des passagers qui redoublent d’imagination pour échapper aux risques de contamination. Il est vrai que le virus, qui a mis le monde entier à genoux n’a pas encore disparu.

Floriane, comptable n’a, elle, éprouvé aucune appréhension à remonter dans un tram après plusieurs mois de télé travail. La jeune femme, particulièrement créative et rigoureuse, utilise un dé à coudre en plastique souple pour enclencher le bouton d’ouverture des portes. Un précieux accessoire qu’elle nettoie à l’eau savonneuse plusieurs fois par jour. En outre, lorsque qu’elle ne trouve pas de siège disponible, ce qui l’oblige à se tenir à une barre de sécurité, elle met au préalable un gant extralarge (plus facile à enfiler) avant de toucher la surface de contact.

A l’instar de tous les opérateurs suisses, les transports publics genevois (tpg) appliquent le plan de protection établi au niveau national par la branche suisse des transports publics, en concertation avec l’Office fédéral des transports (OFT) et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Lequel plan repose sur la responsabilité individuelle et la solidarité des usagers. Il vise à assurer des conditions de voyage sûres. «Ainsi, il est demandé aux clients d’éviter, dans la mesure du possible, les heures de pointe, de se répartir dans les véhicules et de se conformer aux règles de distance sociale prescrite, notamment durant l’attente aux arrêts et à la montée dans les véhicules. Le port du masque, jusqu’alors recommandé, a été rendu obligatoire à l’intérieur des véhicules dès le 6 juillet », détaille François Mutter, porte-parole des tpg. Depuis le 1er juin, le transporteur poursuit d’ailleurs l’opération de vente de paquets de masques à prix coûtant à ses clients ayant un abonnement unireso ou Léman Pass en cours de validité dans les agences de LancyPont-Rouge, Rive et Cornavin. De même qu’il procède au nettoyage, durant la journée et lors du retour au dépôt, des véhicules au moyen de solutions désinfectantes. Pierre, vendeur, confie qu’au début de la pandémie, il prenait le tram uniquement si celui-ci roulait à vide. Sans quoi, il passait son tour et attendait le prochain convoi. «Je suis hypocondriaque autant dire que le moindre éternuement déclenchait chez moi une crise de panique». Aujourd’hui, le jeune homme est confiant. Les prescriptions d’hygiène — dont l’énoncé tourne en boucles dans les transports en commun comme sur les écrans télévisés – ont démontré leur efficacité.

Jamais sans mon masque

Jessica se trouve à bord du Léman Express. Pour cette aide-soignante, domiciliée en France voisine, appliquer des protocoles d’hygiène drastiques ne relève pas de l’exceptionnel. «Dans le train, j’ai la même attitude responsable». A cet égard, Céline Monteiro*, en charge de la communication de Lémanis SA, opérateur du Léman Express – explique que les mesures prises de part et d’autre de la frontière sont quasi identiques. «Côté français, les voyageurs sont invités à marquer la plus grande distance sociale possible. Sur la partie suisse du Léman Express, la distance à tenir doit être d’au moins 1,5 m. Dans tous les cas, les clients doivent impérativement porter un masque pour prendre place à bord du réseau ferroviaire transfrontalier ». La société franco-suisse, qui rappelle que le nettoyage des wagons a été renforcé, invite les voyageurs, tout comme le font les tpg, à acheter leur billet en ligne et dans la mesure du possible à éviter les moments de forte affluence.

Un plus grand respect du personnel

Stéphane, un informaticien qui effectue chaque jour la navette Genève-Lausanne, confie que la crise sanitaire a totalement changé son appréciation du personnel des CFF. «Les employés en charge de la gestion du train méritent notre respect. J’ai eu l’occasion, au temps fort de la crise, de discuter avec plusieurs d’entre eux. Leur tâche est exigeante et vaste. Elle ne se limite pas au seul contrôle des billets comme je l’ai longtemps imaginé». Si l’informaticien ne portait pas de masque au début du déconfinement, il s’est aujourd’hui plié de bonne grâce aux injonctions du Conseil fédéral et assure par ailleurs qu’il se désinfecte les mains en entrant et en sortant du train. Avec la reprise de la totalité de l’offre ferroviaire, les 1’000 collaborateurs des CFF, affectés pour toute la Suisse au seul nettoyage, ont poursuivi leurs interventions intensifiées. En gare, les accoudoirs, les mains courantes et les automates notamment sont assainis six fois par jour (au lieu de trois auparavant). Les poignées, boutons, mains courantes, WC des trains sont aseptisés jusqu’à 6 fois par jour également.

Les «à fond» sont effectués durant la nuit, avec, en plus du nettoyage des surfaces de contact, la désinfection des sols et des fenêtres. Et 25 lignes de train sont récurées durant le trajet. Enfin, un nettoyage intense et minutieux de l’intérieur et de l’extérieur du train est programmé une fois par semaine. Au départ des Pâquis, une famille zurichoise a décidé de faire la traversée du lac à bord d’une Mouette Genevoise. A l’instar de leurs parents, les deux jeunes enfants portent un masque qui n’a pas l’air de les incommoder. «Ils sont habitués», commente la mère de famille. Sophie, une autre passagère, assure que le coronavirus a modifié le regard qu’elle portait sur certains touristes asiatiques qui, masqués, déambulaient sur les quais bien avant la pandémie. «Ils avaient raison de se protéger». Comme l’ensemble des titulaires d’un abonnement unireso (annuel ou mensuel) ou Léman Pass, Sophie a reçu courant juin un courrier l’informant qu’elle allait bénéficier d’un bon d’achat à faire valoir sur son prochain abonnement.

*Le reportage a été effectué dans la semaine du 6 au 10 juillet. Les règles adoptées par les transporteurs sont donc celles qui prévalaient au moment de la rédaction de l’article.

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