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Tout ce que l’on fait avec son smartphone dans les transports publics

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Les déplacements effectués à bord des bus, trams, trains et navettes lacustres seraient-ils une aubaine pour les voyageurs ? Sans aucun doute. Durant cette parenthèse itinérante, smartphone en mains, on boucle sa correspondance, on dresse ses to do lists, on consulte les sites de cuisine ou de déco et on surfe sur ses réseaux sociaux. 

Combien sont-ils à voyager dans les transports publics, les yeux rivés sur leur téléphone mobile et pour la plupart, écouteurs vissés dans les oreilles ? Une majorité écrasante. Pour s’en convaincre, il suffit de promener un regard circulaire dans les véhicules des transports collectifs. Il est vrai qu’en Suisse, selon une étude réalisée par la société de consulting, d’audit et assurance Deloitte : 92 % des adultes possèdent un smartphone et 92 %, serait-on tenté d’ajouter, en usent abondamment.

Mélissa, 28 ans est étudiante en psychologie. Même si les cours universitaires sont dispensés en distanciel, elle se rend chaque à jour à la bibliothèque d’Uni Mail pour préparer ses examens. La jeune femme, qui emprunte la ligne D des Transports publics genevois (tpg) a mis au point un petit rituel. Ainsi, le matin, elle traite sa correspondance. « Je lis mes mails et mes textos et je réponds aux plus urgents. Ensuite, je sélectionne sur ma playlist des musiques entraînantes, histoire de me mettre en condition avant de commencer ma journée de révision ». Et le soir ? Elle privilégie des chansons relaxantes pour dorloter ses neurones fortement sollicités des heures durant. « Et je me balade sur les réseaux sociaux. J’estime qu’après une journée passée le nez sur les livres, je n’ai pas à culpabiliser de perdre du temps sur la toile ». Elle partage des vidéos qui l’amusent ou elles commentent des prises de position politiques ou sociales de ses followers. L’étudiante confesse que souvent le soir, elle espère que le trajet en bus s’étirera en longueur pour lui permettre de prolonger ce moment de répit. 

Repenser la déco de son appartement

Hélène, éducatrice d’une quarantaine d’années, s’est engouffrée dans le tram 15 qui s’est immobilisé devant la gare Cornavin. Mère de deux jeunes adolescents, la professionnelle de la petite enfance, affirme que ses journées sont denses. « Alors, je profite de mon voyage en tram pour anticiper toute une kyrielle de petites choses utiles. Comme la liste de courses que mon époux effectuera, répartition des tâches domestiques oblige, avant de regagner le domicile ou la mise en marche de la machine à laver ». Mission qui incombe, selon un tournus rigoureux, à sa progéniture. Et puis ? « En ce moment, je suis accro aux sites de décoration et boutiques d’ameublement. Ma meilleure amie a, durant la période de confinement de mars 2020, réorganisé et redynamisé son intérieur. Admirative et envieuse, je l’avoue, face à ses prouesses décoratives, j’ai décidé de lui emboîter le pas. Depuis quelques jours, je surfe sur les sites internet qui proposent des solutions d’aménagement intérieur ou qui font des démonstrations de home-staging ». Une activité qu’elle ne pourrait guère exercer, affirme-t-elle, hors de ses « pauses » transport. 

Vincent, 18 ans, élève de HES, dit que le football est sa passion. Passion qu’il exerce moins sur le terrain que via une application. En quelques glissements habiles sur l’écran de son portable, le voilà propulsé au cœur du match. Ainsi, durant le trajet en bus, qui relie son établissement scolaire à son domicile, il pianote avec la plus grande concentration pour cumuler les goals. Absorbé par ses e-performances footballistiques, il dit que parfois il oublie de s’arrimer à la glissière de sécurité. Une négligence potentiellement dangereuse lorsque le véhicule est contraint de freiner en urgence. « Il m’est déjà arrivé aussi d’oublier de descendre au bon arrêt ».

Consulter des fiches de maths

Elles sont deux, deux jeunes filles souriantes et vives. Leurs yeux sont remarquablement maquillés et les ongles de leurs mains sont recouverts d’un vernis subtilement pailleté. Les deux collégiennes suivent plusieurs influenceuses de mode, ce qui ne les empêchent pas de performer aux épreuves scolaires. Dans le tram qui les conduit au collège Madame de Staël, elles ont l’habitude d’échanger sur les nouvelles tendances des looks exhibés par leurs égéries. Avant un contrôle de maths en revanche, les youtubeuses sont remisées. « Nous avons pris l’habitude de travailler en binôme. Chacune de nous prépare des fiches que nous nous partageons. Il nous arrive de les consulter depuis nos portables (nous avons conçu un document ad hoc) dans le bus juste avant de rejoindre notre salle de classe ». 

Apprendre le russe

Sur le quai de la gare Lancy-Pont-Rouge, Marlène, fait les quatre cents pas, en attendant le Léman Express. Ses discrets écouteurs sans fil sont un peu dissimulés sous sa chevelure abondante. Cette assistante de direction, la cinquantaine pétillante, apprend le russe. C’est pour cela que l’on peut voir quelques mouvements s’esquisser sur ses lèvres. « J’ai découvert un cours gratuit en ligne qui me permet d’apprendre cette langue en y consacrant pas plus d’une dizaine de minutes par jour ». Pour illustrer ses propos, elle énonce quelques mots dans la langue slave. « Je n’aurais ni le temps, ni la patience de consacrer plus que la durée de mon déplacement pour m’adonner à ce que je considère désormais comme une récréation gratifiante », reprend-elle. Il lui arrive aussi de participer à des tests de personnalité via Facebook. « Du style : êtes-vous une warrior ou une princesse ? l’algorithme va ensuite, à partir des données stockées sur le réseau social, fournir une réponse quasi simultanée. Je ne suis pas convaincue de la fiabilité de ces tests mais cela me détend ».

Laurent, 38 ans, jardinier dans une institution publique, semble particulièrement absorbé par ce qui apparaît sur l’écran de son téléphone. Il a tout de même remarqué la présence de l’agent des tpg qui désinfecte scrupuleusement toutes les barres d’appui du véhicule. Laurent confie que depuis l’arrivée de la pandémie, il s’est mis à la confection de plats. « Il y a quelques mois, mes connaissances en cuisine étaient assez rudimentaires. Alors, j’ai consulté des sites de recettes. Et c’est généralement pendant mes voyages en bus que je navigue sur les plateformes culinaires ». 

Des photos de la rade

Antoine, sémillant sexagénaire, a pris l’habitude de traverser la rade à bord d’une Mouette Genevoise. Eté comme hiver, il relie les Pâquis aux Eaux-Vives où se situe son agence de consulting. Amateur de photographie, il aime immortaliser dans la galerie photos de smartphone les cieux tourmentés. « On dirait des peintures flamandes. Quand je serai en retraite j’en ferai des tirages papier », lance-t-il. 

Même si le trajet est assez bref, il n’est pas rare non plus que ce fidèle voyageur lacustre se plonge dans des exercices en ligne sensés doper les facultés mentales. Compétiteur dans l’âme, il prend toujours soin d’inscrire ses scores journaliers sur un petit calepin qu’il consulte de temps en temps. 

On allait presque oublier … Il arrive que certains voyageurs se lancent dans de longues conversations téléphoniques peu ou prou animées.

Effet collatéral inattendu du port du masque obligatoire dans l’ensemble des transports publics, le volume des échanges a perdu de sa puissance.

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